L’USSEIN, l'UN-CHK à travers FORCE-N et la Ville de Kaolack lancent la 2e édition du Forum des métiers
L’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN) de Kaolack a lancé, mardi 5 mai, la 2e édition de son Forum des métiers, de l’emploi et de l'entrepreneuriat au Cœur de Ville de Kaolack. Organisée en partenariat avec l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane à travers le programme FORCE-N et la Commune de Kaolack, elle a pour thème : Former, innover et entreprendre: bâtir des opportunités durables pour l'emploi des jeunes au Sénégal « la jeunesse innove, l’agriculture se transforme ».
Le forum vise à favoriser un cadre d’échanges, de formation et de partage d’expérience et d’opportunités entre l’université, les participants du programme FORCE-N, les femmes du secteur agroalimentaire, les jeunes entrepreneurs de la zone et les acteurs du monde socio-économique. Il implique différents acteurs étatiques et non-étatiques de l’écosystème de la formation, de l’entrepreneuriat, de la recherche, de l’innovation et de l’insertion professionnelle.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Daouda Ngom, les recteurs des deux universités, des représentants de collectivités territoriales, des chefs d'entreprises, des structures d'accompagnement et plusieurs centaines d'étudiants ont assisté à la cérémonie d’ouverture de ce mardi 5 mai.
Le Professeur Cheikh Thiaw, président du comité d'organisation, a rappelé que l'USSEIN est présente dans les régions de Kaolack, de Kaffrine et de Fatick, et que l'UNCHK couvre déjà 17 départements avec 18 centres ouverts, sur une cible de 46 au total. La Commune de Kaolack, de son côté, soutient l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes avec un focus sur l'agroalimentaire, le numérique et l'artisanat. Pour Pr Thiaw, l'enjeu du forum est de « réconcilier durablement la formation avec les exigences du marché de l'emploi », tout en renforçant l'ancrage territorial des établissements d'enseignement supérieur.
Le Recteur de l'USSEIN, le Professeur Diégane Diouf, a décrit les choix pédagogiques de son établissement depuis son ouverture. Les formations ont été élaborées à partir d'enquêtes menées auprès des collectivités pour identifier leurs besoins réels. Plus de 70 % des intervenants dans les enseignements sont des professionnels en activité. Des modules en entrepreneuriat ont été introduits, « parce que l'État ne donnera pas de l'emploi à tout le monde », a-t-il dit. S'adressant aux étudiants, le Professeur Diouf leur dira : « N'attendez pas qu'on crée des emplois pour vous. Créez vous-mêmes des emplois. N'attendez pas qu'on crée des solutions, proposez-les également ».
Le Recteur de l'UN-CHK, le Professeur Samuel Ouya, a précisé la nature de l'engagement de son institution. « Ma présence ici, aux côtés de l'USSEIN et de la ville de Kaolack, n'est pas une présence protocolaire », a-t-il dit. « Ensemble, nous bâtissons un Sénégal où l'innovation numérique irrigue nos territoires et dynamise nos terroirs. » Il a rappelé que l'UNCHK avait mis sa plateforme de cours à distance à la disposition de l'USSEIN dès ses débuts et que les liens entre les deux institutions sont anciens.
Le ministre Daouda Ngom a pris la parole en dernier. Il a dit sa satisfaction de présider une cérémonie qui illustre, selon lui, « ce que l'État souhaite impulser au système d'enseignement supérieur : une université ouverte sur son territoire, connectée aux réalités économiques, engagée pour le développement ». Il a posé les chiffres : le taux de chômage atteint 19 % au Sénégal selon l'enquête nationale sur l'emploi du troisième trimestre 2025, et 23,6 % chez les jeunes. L'âge médian du pays est de 19 ans. « Cela veut dire que nous avons une population très jeune », a-t-il dit, avant d'annoncer l'ambition de son département de « bâtir un système d'enseignement supérieur et de recherche performant, inclusif, et résolument tourné vers l'emploi et l'entrepreneuriat ».
Quatre orientations ont été déclinées. Former autrement, c'est-à-dire « adapter nos curricula aux besoins du marché et aux réalités locales ». Renforcer les filières professionnelles dans les secteurs prioritaires : le numérique, l'agriculture durable, l'ingénierie et l'agroalimentaire. Innover davantage en développant des incubateurs et des pôles de technologie. Enfin, intégrer l'entrepreneuriat dans l'espace académique, « en vue d'en faire une véritable option de carrière ». Il a cité le statut national de l'étudiant entrepreneur, qui permet aux jeunes de développer un projet pendant ou juste après leurs études.
S'adressant directement aux étudiants, il les a appelés à « être non seulement des demandeurs d'emploi, mais aussi des créateurs d'emploi. Au Sénégal, nous avons le complexe du salariat. Mais les hommes les plus riches de ce monde ne sont pas des employés, ce sont des employeurs. Donc, il faut oser prendre des risques ».
Il a aussi lancé un appel aux collectivités territoriales, en citant l'exemple de Kaolack : « Je magnifie l'initiative de la mairie de Kaolack portée par son maire, relative à la mise en place d'une nouvelle économie. J'invite les autres collectivités du Sénégal à s'en inspirer. » Aux entreprises, il a demandé de « renforcer la collaboration avec nos universités, car c'est ensemble que nous pourrons bâtir un écosystème dynamique, créateur d'emplois et de valeur ».
Les trois journées comprennent des panels thématiques portant sur l'employabilité dans l'agriculture, le financement des primo-entrepreneurs et le rôle des collectivités territoriales dans l'insertion professionnelle. Des ateliers pratiques couvrent la rédaction de CV, l'entretien de recrutement, l'entrepreneuriat féminin dans l'agroalimentaire, le numérique comme levier de croissance et les solutions low-tech pour la formation professionnelle. Des stands tenus par les départements de l'USSEIN, par des étudiants-entrepreneurs et par des structures d'accompagnement accueillent les visiteurs. Le 7 mai, les lauréats du concours de projets d'entreprises recevront leurs prix devant jury.
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