Comité de pilotage 2026 : FORCE-N franchit la barre des 100 000 jeunes certifiés
Réunis à Diamniadio pour la deuxième session du Comité de pilotage du programme, les partenaires institutionnels et techniques de FORCE-N ont pris connaissance de résultats exceptionnels. Avec plus de 102.000 jeunes certifiés et près de 240.000 élèves sensibilisés aux sciences et au numérique, le programme dépasse déjà plusieurs objectifs fixés pour l’horizon 2027.
Quand FORCE-N a été lancé en novembre 2021, les objectifs fixés semblaient déjà ambitieux : former 80.000 jeunes aux métiers du numérique en six ans, en insérer 60.000 dans un emploi durable et toucher 85.000 élèves et étudiants par des activités de promotion scientifique. Un an avant son terme, le programme porté par l'UN-CHK et la Fondation Mastercard affiche pourtant des chiffres bien au-delà des attentes : 102.814 jeunes certifiés, 91.870 en emploi par la certification et près de 240.000 élèves et étudiants touchés, soit presque le triple de l'ambition initiale. La performance a de quoi rendre fier le Pr. Samuel Ouya. « Aujourd'hui, à un an de l'échéance du programme, je suis fier d'annoncer que plusieurs de nos objectifs sont non seulement atteints, mais dépassés », a déclaré le Recteur de l'Université numérique Cheikh Hamidou Kane, mardi 16 juin 2026, devant le comité de pilotage réuni à Diamniadio.
Au 31 décembre 2025, FORCE-N comptait 68.141 jeunes formés. Au 31 mars 2026, ce chiffre dépassait les 102.000. En un seul trimestre, le programme avait ajouté près de 35.000 certifiés. Sur l'emploi, le mouvement est identique : 61.844 jeunes en activité par la certification en fin d'année, 91.870 trois mois plus tard. Le directeur du programme, le Dr Seydina Moussa Ndiaye, a présenté ces données devant le comité.
La deuxième session du comité de pilotage a réuni des représentants de la Présidence, de la Primature, de plusieurs ministères sectoriels, des organisations patronales et du Conseil national de la jeunesse. Le secrétaire général du ministère de l'Enseignement supérieur, M. Fary Seye, représentait le ministre Boubacar Kamara, en mission à l'étranger. Dans son discours d'ouverture, il a posé un chiffre qui dit long sur l'enjeu des filières scientifiques : au BAC 2026, sur 180.801 candidats, seuls 15,55 % sont inscrits en séries scientifiques. Il a rattaché FORCE-N aux chantiers du New Deal Technologique, en citant notamment la certification des agents de l'État aux compétences numériques. « Vos résultats traduisent un engagement concret en faveur de l'emploi des jeunes et de l'avenir numérique du Sénégal », a-t-il dit aux équipes du programme.
Le Pr. Ouya a rappelé que FORCE-N s'inscrit dans la mission de service à la communauté de l'UN-CHK, dont le mandat dépasse les murs d'un campus. Il a souligné que l'offre de formation a plus que doublé par rapport aux prévisions : 39 certificats déployés pour une cible initiale de 20, couvrant les métiers les plus porteurs du secteur, intelligence artificielle, données massives, cybersécurité, développement web et mobile, marketing digital. Sur la suite, il a posé la question qui traversera la dernière année du programme : comment consolider les acquis et assurer la redevabilité des résultats obtenus au-delà de 2027.
M. Tamba Ngom, représentant de la Fondation Mastercard, a rappelé qu'à l'échelle de la fondation, FORCE-N est cité en exemple chaque fois qu'on évoque les programmes qui réussissent. « Que ce soit au niveau du Sénégal ou au niveau global, on ne peut pas citer un ou deux programmes qui réussissent sans que FORCE-N en fasse partie », a-t-il dit. La Fondation a engagé une phase pilote au Bénin dès la semaine précédant le COPIL, avec l'Agence de développement et de promotion des petites et moyennes entreprises du Bénin et quatre partenaires locaux, pour 15.000 emplois en 2026. Sept pays de l'UEMOA sont visés à terme. L'objectif annoncé pour la seule année 2026 est de 100.000 emplois créés, soit davantage que la cible totale du programme sur six ans. « La machine est en branle, l'équipe est rodée », a estimé M. Ngom.
Le Dr Ndiaye a insisté sur un point que les chiffres ne traduisent pas : les certificats sont co-construits avec les employeurs, qui définissent eux-mêmes ce qu'ils attendent. Et ce qu'ils attendent en priorité n'est pas toujours ce qu'on suppose. « Le point le plus important, nous disent-ils, c'est les soft skills. Les compétences techniques s'acquièrent. Ce qui est difficile à transférer, c'est tout le reste », a-t-il rapporté. Il a également signalé un point qui résiste : la cible de 70 % de femmes parmi les bénéficiaires n'est pas atteinte. « On essaie de s'améliorer », a-t-il dit, avant de solliciter les membres du COPIL sur ce point.
Les indicateurs entrepreneuriaux ont été présentés sans les atténuer. Sur les 2.400 projets attendus, 1.477 ont été financés, soit 61 % de la cible. Les startups créées, 622 sur les 1.000 prévues, ont généré 1.692 emplois, loin des 4.000 fixés.
Alors qu’en 2021, l'ambition était de 60.000 emplois en six ans, FORCE-N s'est engagé à en créer 100.000 pour la seule année 2026. Comme l'a dit M. Tamba Ngom devant le comité : « La mayonnaise a pris ».
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