Talent Boost : des solutions numériques opérationnelles développées en 48 heures
Créer une application fonctionnelle en quarante-huit heures : c’est le défi relevé par trois équipes lors de Talent Boost, une compétition organisée par FORCE-N du 19 au 24 décembre 2025.
Quarante-huit heures. C'est le temps qu'il faut normalement pour lire un cahier des charges, comprendre un problème, esquisser une solution. Vendredi 19 décembre à l'hôtel Onomo, une centaine de jeunes ont eu quarante-huit heures pour faire tout ça et livrer une application fonctionnelle. Pas un prototype, ni une maquette, mais une application qui marche. Comme Hercule détournant deux fleuves pour nettoyer les écuries d'Augias en un jour, ils ont dû trouver l'ingéniosité pour accomplir en deux jours ce qui prend normalement des mois. « Nous avons voulu créer un déclic. Souvent, en Afrique, on pense qu'il faut de grands moyens, un Bac+12 pour faire de grandes choses », dixit Oumar Sall, coordonnateur des programmes de formation à FORCE-N.
Lorsque Talent Boost commence en cette matinée fraîche de décembre, ce déclic appartient encore à un horizon lointain. Oumou Khayri Gueye fait partie des jeunes qui prennent part à la compétition. Elle ne le sait pas encore, mais dans quarante-huit heures, elle coordonnera une équipe qui livrera une application de transfert d'argent fonctionnelle. « Je croyais que c'était impossible », dira-t-elle à la fin de l'événement.
Trois défis concrets du quotidien sénégalais attendent les participants : le problème de monnaie qui freine le commerce de proximité, le chaos des livraisons qui exaspère les vendeurs en ligne à Dakar, le gaspillage agricole alors que les restaurants paient leurs légumes au prix fort. Douze équipes se forment au début de la compétition, quatre par défi. Pendant deux jours, les mentors passent d'une équipe à l'autre. Les jeunes griffonnent, esquissent, codent.
Dimanche 21 décembre en début d'après-midi, le jury arrive. Les douze équipes présentent leurs projets. Le verdict tombe en fin d'après-midi. Trois noms résonnent. Sen Weccit pour la fintech, Yoboulma pour la logistique et AgriLink pour l'agri-tech arrivent premiers. Dans un hackathon classique, ce verdict aurait marqué la fin de l'événement. Ici, on n'est qu'à la moitié du chemin.
Lundi 22 décembre, les trois équipes lauréates retrouvent l'hôtel Onomo. Un autre défi commence. Quinze mentors et coachs les accompagnent. Mercredi matin, les applications doivent être terminées.
Mardi après-midi, les démonstrations finales commencent. L'équipe Sen Weccit teste des transferts en direct. Un membre envoie de l'argent à un autre. Le solde du premier diminue, celui du second augmente. L'équipe Nexus présente Yoboulma. Une commande créée par le vendeur apparaît instantanément chez le livreur. L'équipe AgriLink montre son catalogue. On filtre par produit, on ajoute des kilos de légumes au panier. La commande décrémente le stock automatiquement. Les applications marchent.
Ahmad Ndiaye, mentor en création visuelle, résume l'exploit : « ce format quitte la sphère de l'idée et va vers le concret. Là, on repart avec une équipe prête pour développer, pour vendre ce produit, pour le déployer. »
Les trois équipes repartent avec plus qu'un trophée. Elles ont vécu ce que beaucoup pensaient impossible. Créer en 48 heures ce qui prend normalement des mois. Elles savent maintenant qu'elles peuvent.
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